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« Jamais dans toute l'histoire de l’humanité autant de personnes sont mortes pour si peu. Vous avez la possibilité de changer le cours de l’histoire. Y a-t-il plus noble tâche? »
Stephen Lewis
Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU
pour le VIH/sida en Afrique,
Londres, 30 mars 2004.

Le sida…. 25 ans à peine et déjà plus de vingt millions de morts, quinze millions d’orphelins. Un peu comme si le temps d’une génération, la Belgique et le Portugal réunis s’étaient trouvés rayés de la carte. Déjà sans précédent, ces chiffres qui évoquent la mortalité d’une guerre mondiale oublient pourtant de dire que le pire reste à venir.

En touchant plus de quarante millions de personnes à l’aube de l’année 2005, 1,2% de la population mondiale, l’épidémie de HIV promet au monde vingt-cinq millions d’orphelins en 2010.

Comment alors qualifier l’ampleur de la pandémie de sida, sa cruauté, son efficacité redoutable, la vitesse à laquelle elle sait évoluer pour mieux se propager.

Comment alerte-t-on pour dire que ce n’est que le début … surtout si, comme on l’évalue, à peine 5% des personnes infectées par le virus savent qu’elles le sont. Et puis à quoi peut-on comparer ou rapporter les 8 500 personnes dont 1 350 enfants que le sida tue chaque jour ?

Parce qu’il profite de l’ignorance, de la précarité et de la violence, le sida affecte d’abord les plus faibles comme les enfants et leurs mères qu’il vulnérabilise à son tour.

Les enfants sont aujourd’hui les principales victimes du sida.

Parce qu’elle profite des retards de développement, de la pauvreté et de la guerre, l’épidémie touche en priorité les régions du monde les plus fragiles comme l’Afrique subsaharienne. Ce faisant, elle accroît le fossé qui les sépare des pays les plus épargnés qui sont aussi les plus riches. Ainsi, après avoir confisqué aux jeunes générations d’Afrique australe et orientale les progrès qu’avaient accomplis leurs parents au fil de décennies, l’épidémie menace maintenant de les priver aussi de ce que l’avenir peut promettre, de ce qu’il devrait leur permettre.

Et tandis qu’on aperçoit les répercussions démographiques, économiques et politiques probables de la pandémie sur la stabilité du monde, on peut se demander ce que nous répondrons aux générations futures quand elles sauront que l’on savait, et surtout que l’on pouvait. Que l’on savait non pas encore guérir la maladie, mais inverser sa courbe épidémique. Que l’on pouvait non pas vacciner les enfants contre le virus mais prévenir sa transmission. Que leur dirons-nous quand elles sauront que l’on savait ET que l’on pouvait soigner, protéger et prendre en charge les enfants infectés et affectés par le sida.

Il est urgent de réagir. Avec votre aide, nous pouvons y parvenir.